Prismes

Saturation et inversion

Prismes explore une stimulation intense, fondée sur une progression rythmée.

Des variations rapides et complexes de couleurs et de formes sollicitent un état d’attention continue et alerte.

Au fur et à mesure, cette dynamique s’intensifie et converge vers un centre. Les visuels évoquent des structures matricielles, des réseaux neuronaux, voire une architecture cérébrale stylisée. La juxtaposition rapide d’images et de couleurs contrastées produit un effet de balayage où les repères visuels habituels se recomposent en permanence.

Les flux lumineux et rythmiques créent une saturation sensorielle, pouvant être ressentie comme un effacement momentané des repères habituels.

L’expérience met ainsi en jeu les interactions entre vision, sensation et état de conscience, où celle-ci se manifeste par excès, accumulation et densité.

La série se décline notamment en Prisms Red et Prisms Green. Ces deux œuvres reposent sur une structure proche, fondée sur un principe d’inversion. Elles se distinguent par une inversion chromatique en positif et négatif : l’une déploie des formes vertes sur un fond rouge, l’autre reprend une composition proche, en inversant les couleurs, rouge sur fond vert.

Cette relation inversée, fondée sur le contraste, introduit une logique de lecture et de contre-lecture. Expérimentées successivement, ces deux œuvres engagent un mouvement spécifique, où l’écriture visuelle d’une expérience trouve son écho dans sa réécriture inversée.

Ce jeu de symétrie, de saturation et d’inversion constitue l’un des axes majeurs de la recherche. Il ouvre une réflexion plus large sur la manière dont la perception se structure par contraste, mémoire et répétition inversée.

Dans ce dispositif, une phase de stimulation visuelle intense peut être suivie d’un relâchement perceptif, prolongeant l’expérience dans un registre plus intérieur, où la lumière continue d’agir au-delà du regard direct.

Par l’intensité des stimuli visuels et rythmiques, ce dispositif agit également sur des niveaux moins conscients de l’expérience, favorisant une forme de disponibilité du subconscient. La saturation et la répétition peuvent ainsi faciliter l’émergence d’images, de sensations ou d’associations non immédiatement contrôlées, tout en laissant entrevoir la possibilité d’y inscrire une intention.

L’expérience ne se limite alors plus à une réception perceptive : elle devient un espace potentiel d’adressage intérieur, où le spectateur peut, consciemment, orienter son attention vers des contenus plus profonds. Dans certains cas, cette saturation visuelle se prolonge dans la phase lumineuse les yeux fermés, par une persistance intérieure des formes et des rythmes, perceptible comme un déplacement vers un autre registre.